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Accro au jeu vidéo ?

Les addictions aux jeux vidéo

La pratique des jeux vidéo a connu un développement considérable aux cours des dernières décennies grâce aux avancées technologiques de l’informatique qui permettent de nouvelles pratiques virtuelles de loisir. Cette évolution s’intègre aussi à un mouvement sociétal plus large où la place de la communication et des échanges est devenue prépondérante. Les avancées technologiques réduisent les espaces-temps et entraînent de nouveaux types de communication.

Le monde des jeux vidéo n’est pas uniforme. Les différences entre les jeux d’action, de stratégie ou de réflexion sont majeures. Ils suscitent des intérêts différents chez les joueurs. Des titres sont proposés pour les tout petits, d’autres s’adressent à un public majeur uniquement. Certains jeux se jouent seuls ou à plusieurs, sur le même ordinateur ou à distance via Internet. Les MMORPGs sont probablement le type de jeu le plus souvent associé aux problématiques addictives, ce qui ne signifie pas bien entendu qu’ils soient dangereux par essence. Il s’agit comme toujours de pouvoir pratiquer avec mesure.

On entend parler dans différents domaines : médias, sociologie, familles, joueurs eux-mêmes d’addiction aux jeux vidéo. Mais comment les soignants et notamment les psychiatres ou les addictologues se situent-ils par rapport à cette question ?
Pour les médecins s’étant intéressés l'addiction aux jeux vidéo, les symptômes évocateurs d’utilisations addictives sont :

  • Temps passé à ces pratiques important. Au-delà d’une durée seuil qui ne peut être arbitrairement définie, il s’agit surtout d’un temps passé entravant les autres activités nécessaires à l’équilibre d’un individu. Soit :
    • Réduction des relations sociales, amicales et familiales (ex : Isolement au domicile)
    • Répercutions sur le travail scolaire ou professionnel
    • Répercutions sur l’équilibre alimentaire ou le sommeil
  • Souffrance psychique rattachée à l’utilisation des jeux (tristesse, anxiété, agressivité)
  • Incapacité de réduire les temps de jeu.

Les débats se poursuivent pour savoir quelles sont les spécificités et les causalités, forcément multiples et complexes, de cette addiction aux jeux vidéo. Les acteurs du soin s’étant intéressés à ces pratiques s’accordent à dire que certains individus (notamment des hommes jeunes, entre l’adolescence et la trentaine) présentent des consommations problématiques, qui traduisant une souffrance individuelle ou familiale nécessitent une évaluation et éventuellement des soins. Des comorbidités anxieuses ou dépressives sont souvent notées.
Il est essentiel de pouvoir différencier les jeux auxquels les joueurs s’adonnent.
On constate que souvent les parents ne connaissent pas les jeux auxquels leurs enfants jouent, s’ils sont adaptés à leur âge. Il semble absolument essentiel que les parents puissent s’intéresser à ces nouvelles pratiques, à la fois pour limiter leurs angoisses - souvent liées à une méconnaissance de ces jeux - et pour pouvoir poser, en toute connaissance, des limites protectrices pour leur enfant.
Le Centre de référence sur le jeu excessif propose de centraliser les données parues sur l'addiction aux jeux vidéo et de faciliter des travaux de recherche permettant de mieux comprendre ces nouvelles problématiques.
Les liens avec le service d’addictologie ayant pour fonction d’apporter une évaluation clinique et des soins à des personnes sont étroits afin de garder un contact direct avec les difficultés rencontrées par ces patients.

Voir aussi la rubrique "Test sur la dépendance"

19 janvier 2009