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Le FOMO développerait-il une forme d'addiction ?
La technologie du smartphone a fait naître chez les jeunes adultes un nouveau "syndrome", celui du "Je serais tellement mieux ailleurs" et avec lui l’angoisse de manquer la partie de rigolade du siècle.
Sherry TURKLE, ethnologue, professeur au MIT, à Boston, s'est intéressée de près à la téléphonie mobile et à son impact dans le quotidien des utilisateurs. Elle en a d'ailleurs fait le sujet d'un livre «Alone Together*». Interrogée par le journal suisse "Le Matin Dimanche" elle reconnaît que la technologie peut mettre à jour des vulnérabilités personnelles.
C'est bien ce que corroborre, Daniele ZULLINO, psychiatre et médecin-chef du service d’abus de substances de l’Université de Genève qui voit arriver des patients ne pouvant s'empêcher de consulter leur smartphone (même en faisant l'amour).
Naissance d'une compulsion
Ce besoin compulsif est appelé FOMO (Fear of Missing Out) par les anglo-saxons. Il consiste à consulter en permanence ses messages angoissé à l'idée de rater l’événement de l’année...
Jean-Charles NAYEBI, psychiatre décrit ce cercle vicieux qui oblige l'utilisateur de smartphone à le consulter en permanence juste pour calmer l'angoisse de de pas être au bon moment au bon endroit. Ceci est-il une tendance à la mode ou un problème plus profond d'addiction ?
Une attitude qui inquiète...
Laurent VUILLOUD, psychologue et psychothérapeute à L’Envol à Genève, analyse cette tendance : "Le smartphone devient une sorte d’objet transitionnel, qui nous donne le sentiment de ne plus être complet quand on en est privé, et qui génère une perte dans le lien à soi-même et aux autres.» Il s'inquiète surtout du fait qu'un certain nombre de personnes ne sont plus jamais vraiment seuls.
TURKLE S. Alone Together; Basic Books, 2011
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