Echos de la Recherche
Avril 2012
Addiction au travail
Une échelle pour mesurer l’addiction au travail
Cette étude publiée dans le « Scandinavian Journal of Psychology » présente le développement d’une échelle d’évaluation sur l’addiction au travail (Bergen Work Addiction Scale (BWAS)) : 14 items allant de la modification de l’humeur jusqu’à la rechute en passant par la tolérance, le conflit et le repli sur soi.
Deux échantillons de personnes ont été interrogés : le premier recruté via Internet parmi les téléspectateurs d’une émission sur l’addiction au travail et le second parmi des travailleurs qui avaient répondu à une enquête longitudinale via Internet.
Cette étude montre que l’échelle choisie est convergente avec d’autres échelles sauf sur la sous-échelle du plaisir au travail. En conclusion, cette échelle possède des bonnes propriétés de mesures.
Cyberdépendance - Jeux vidéo
iPhones, Games and the Addictive Experience
Dans ce billet, J.D. Stanton Peele, psychothérapeute auteur d’ouvrages sur l’addiction, aborde l’omniprésence des jeux sur les nouveaux supports et en particulier les iPhones. Il rapporte les propos de Sam Anderson, journaliste au Sunday Times, qui se pose la question de « jeux dénués de sens qui de fait serait plus addictifs que d’autres »...
Jeu pathologique
Des messages d’avertissement pour réduire les excès de jeux
Le laboratoire des addictions comportementales de l’Université d’Albany dans l’état de New-York a publié une étude qui a mis en situation 80 personnes (60 hommes et 20 femmes) d’une moyenne d’âge de 44 ans qualifiées de joueurs à risques ou joueurs problématiques.
Le but était d’étudier la portée de messages d’avertissement durant leurs parties de Lucky Wheel. Le résultat montre que les messages réduisent le comportement de jeu chez les joueurs qui tendent à jouer de façon excessive. Des travaux de R. Ladouceur et S. Sevigny ont montré des effets similaires chez des joueurs récréatifs. S’il s’avérait que les messages d’alerte pouvaient fonctionner sur les personnes qui jouent de façon excessive les avocats du jeu responsable pourraient souhaiter qu’ils soient plus présents pour minimiser les risques de jeu excessif.
Excitation et mode de jeu préféré : revue de littérature
L’excitation est supposée jouer un rôle central dans le début de l’action de jeu et dans son maintien. Une revue de la littérature nous apprend que les joueurs répondent différemment aux stimulis provoqués par les jeux qu’ils préfèrent ou non. D’autre part, les joueurs affichent une plus grande réactivité
Troubles du comportement alimentaire
Relation entre le développement pubaire et la prédiction des troubles du comportement alimentaire
Le développement pubertaire dans le début et le milieu de l’adolescence est associé de façon significative à une période de diète dans la post adolescence. Cette association n’a pas été observée chez les jeunes adultes.
Mars 2012
Jeu pathologique
Boulimie et ressentis
Cette étude a été faite sur 22 femmes souffrant de problèmes de boulimie pour mesurer leur état psychologique lors d’épisodes boulimiques. Cette recherche peut aider à construire des modèles et permettre de proposer de nouveaux traitements.
Les enfants impulsifs auront-ils des problèmes de jeux à l'âge adulte ?
Cette recherche menée par l’équipe d’Edmond D. Shenassa du “Maternal and child health program department family science school of public health” a comparé le degré d’impulsivité d’enfants de 7 ans et le développement de problèmes de jeux à l’âge adulte.
Les conséquences des problèmes liés au jeu chez les adolescents
Cette recherche conduite par le laboratoire de la "School of Health Sciences" de l'université de Tampere en Finlande a porté sur des jeunes entre 12 et 18 ans. Il s'agissait d'étudier les relations existantes entre la conduite de jeu et leurs conséquences. 17 % des jeunes joueurs se sentent coupables et honteux, 13 % disent avoir des problèmes dans leurs relations, 10 % affirment que cela occasionne des perturbations dans leur vie de tous les jours. Les conclusions suggèrent que les conséquences sont à prendre en compte lorsqu'on veut faire de la prévention et de la réduction des risques.
Pourquoi les joueurs rejouent toujours plus ?
Cet article fait le point sur le travail réalisé par Kenny Coventry, PhD au département de science cognitive et psychologie de l'université d'Edimbourgh qui a étudié les pensées des parieurs autour de Glasgow et plus généralement ce qui amène un joueur à abuser du jeu.
Distorsions cognitives et pratiques de jeux de hasard et d’argent
Recherche menée par Servane Barrault et Isabelle Varescon du laboratoire de psychopathologie et processus de santé à l'Institut universitaire de psychologie Paris- Descartes
Cette recherche s'intéresse aux distorsions cognitives qui influent fortement sur le développement et le maintien dans le jeu, amenant le sujet à nier la part de hasard et de chance. Certaines questions restent ouvertes, notamment concernant la spécificité de ces croyances dans les jeux impliquant une part effective de stratégie.
Les risques que comporte le jeu sur des jeunes moins âgés que leurs pairs scolarisés dans la même classe
Cette recherche a été menée par l'Institut national de santé publique du Québec sur des élèves du secondaire (12-13 ans) des collèges de Montréal sur une durée de 8 années.
Il a été constaté qu'à l'âge de 17 ans, la propension à avoir des problèmes de jeu était plus forte (+ 61 %) chez des jeunes scolarisés dans le même niveau mais qui avait un an de moins.
Troubles du comportement alimentaire
Peut-on réduire les facteurs de risques chez des jeunes étudiantes athlètes
Cette recherche réalisée par le Département de psychologie de la Trinity University de San Antonio (USA) sous la forme d’interventions auprès de pairs a étudié le changement de vision des femmes athlètes par rapport à un état de minceur idéal, leurs restrictions alimentaires, leur pathologie boulimique, leur ressenti négatif au bout d’une année de programme.
L'efficacité à long terme de la prise en charge psychologique des troubles du comportement alimentaire
Le centre de recherche et de traitement des maladies de l'adiposité et de la médecine comportementale de l'université de Leipzig a examiné l'efficacité sur le long terme de traitements de patients (suivi de 90 personnes) bénéficiant d'une thérapie cognitivo-comportementale et de patients faisant partie d'un groupe de parole sur les troubles du comportement alimentaire. Les sujets suivis dans le groupe de parole ont vu une amélioration de leur état par rapport à l'autre groupe qui a présenté des symptômes d'aggravation.
Il faudra de nouvelles recherches pour montrer ce qui permet les changements dans les traitements des troubles du comportement alimentaire.
Les adolescents pratiquant des sports artistiques sont-ils un groupe présentant des risques sur le plan des troubles du comportement alimentaire ?
L'équipe de l'université de Gand (Belgique) qui a mené cette recherche sur des sportifs danseurs et patineurs a utilisé les questionnaires suivants : le "Eating Disorder Inventory-II", le "Children's Eating Disorder Examination-Questionnaire" et le "Dutch Eating Behaviour Questionnaire". Les résultats montrent que les jeunes filles étaient en quête de minceur, qu'elles avaient plus d'épisodes boulimiques, qu'elles s'inquiétaient davantage de leur poids et de leur silhouette. Dans l'ensemble, ces sportives présentent plus de troubles du comportement alimentaire que la population générale et ont plus de risques d'avoir des problèmes physiologiques.
Une comparaison entre le fait de manger, la silhouette, le poids et la dysmorphophobie chez les hommes atteints d'anorexie mentale
Cette recherche menée en Australie à la "School of Psychology" de l'université de Sydney, a porté sur 21 patients hommes atteints de dysmorphophobie, 24 d'anorexie nerveuse et 15 gymnastes participant à un suivi s'est basée sur les réponses aux questionnaires suivants : le "Eating Disorder Examination-Questionnaire", le "Muscle Dysmorphia Disorder Inventory", le "Compulsive Exercise Test". Les deux premiers "échantillons" ont montré des symptômes similaires : une image déformée de leur corps et des désordres alimentaires. ceux-ci étaient corroborrés par les mesures faites sur la dysmorphophobie.
28 mars 2012
Février 2012
Jeu pathologique
Joueurs problématiques : quels freins pour rechercher un traitement
Cette étude menée sur 556 adultes en Ontario en apprend davantage sur les raisons qui empêchent les joueurs de consulter pour traiter leur problème de jeu. Ce sont les personnes qui rencontrent le plus de difficultés qui ressentent moins le besoin de consulter.
Jeu pathologique et addiction aux substances
Deux chercheurs de la Yale University School of Medecine, Robert F. Leeman et Marc N. Potenza spécialistes pour l'un des addictions à l'alcool et au tabac et des caractéristiques d'impulsivité chez ces "consommateurs" et pour l'autre de la relation entre jeu pathologique et impulsivité des joueurs ont comparé les degrés d'impulsivité et de compulsion des "addicts" aux substances et des "addicts" aux jeux.
Ces études sont riches d'enseignement pour les stratégies à mettre en place pour les traitements ou la prévention.
Jeux vidéo et cyberdépendance
La dépendance au jeu sur Internet : une revue systématique de recherche empirique
Cette compilation de 58 études empiriques donne des informations sur la dépendance aux MMORPG. Les études présentées donnent un éclairage sur les traits de personnalité, les motivations à jouer, la physiopathologie, les comorbidités...des joueurs. Elles évoquent également l'évaluation ainsi que les prises en charge. (Article à paraître dans "Adolescence")
Jeux vidéo et cyberdépendance
Peter Gray, psychologue-chercheur et spécialiste en psychologie du développement au Boston College fait le point sur la réalité du concept d'addiction aux jeux vidéo.
Dans un article publié sur le site Psychologytoday, il commence par rassurer les parents sur le fait que la majorité des joueurs n'ont pas de problèmes. Il réfute des comportements violents inhérants à la pratique de jeux vidéo violents. Selon lui, il y a un amalgame entre les raisons qui poussent les joueurs de jeux de hasard et d'argent à jouer et celles qui motivent les joueurs de jeux vidéo.
Il pense que l'excès de pratiques - il parle des jeux vidéo - serait dû soit à des questions de mauvaise gestion de son temps libre ou bien à des circonstances de la vie, comme par exemple la solitude. Pour les plus jeunes, ils permettraient de se sentir libres ou bien serviraient d'alibi pour ne pas se confronter au monde extérieur.
Enfin, Peter Gray propose aux parents d'en parler avec leurs enfants pour tenter de les aider à résoudre d'éventuels problèmes.
Pratiques sportives excessives
Addiction au sport et blessures au Centre national d’entraînement commando
Dans le milieu militaire, la surconsommation d’activités physiques est connotée positivement. On y trouve donc une prévalence d’addiction au sport élevée : 28 % en 2006—2007.
Cette étude réalisée sur 601 stagiaires du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de mai 2009 à avril 2010 a révélé que 7,8 % d'entre eux présentaient une addiction au sport. Les « addicts » avaient 1,53 fois plus de risque de se blesser pendant un stage commando. En revanche, aucun « addict » blessé n’avait arrêté le stage versus 25 % des non addicts blessés.
Janvier 2012
Pratiques sportives excessives
Accro au sport : courir à s’en rendre malade
L'université de Montréal s'est intéressée aux "accros au sport" et surtout à la validation d'un outil d'évaluation pour déterminer une pratique sportive excessive. Cet outil a été mis au point par Laurence KERN, enseignante chercheur affiliée au département de kinésiologie de l'Université de Montréal et au Centre de recherches sur le sport et le mouvement en France (Université de Nanterre Paris). Elle a "recruté 160 participants bénévoles, dont 60% d'hommes, sur leur lieu de pratique physique de loisir ou pendant des cours en sciences du sport".
Jeux vidéo et cyberdépendance
Les jeux vidéo sont-ils dangereux ?
Une étude a été menée sur 136 étudiants (hommes et femmes) à qui il a été demandé de jouer à des jeux vidéo violents ou non violents pendant 20 mn.
Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à l'Université Pierre-Mendès-France, et coauteur de l'étude a expliqué que "vingt minutes de ces jeux suffisaient pour avoir envie de faire mal après ». Il remarque que « ...l’augmentation du niveau moyen d’insensibilité à la souffrance provoquée par ces jeux est sans doute pour beaucoup dans l’ambiance agressive et l’agitation que les enseignants notent dans les établissements scolaires».
On a étudié la santé mentale de joueurs de jeux vidéo
Un chercheur australien de l'Université de Victoria (Melbourne), Daniel LOTON a conduit une recherche en comparant des joueurs de jeux vidéo jouant plus de 33 heures par semaine contre un groupe qui jouait "seulement" 21 heures. Les deux groupes ont révélé des niveaux de stress et d'anxiété au-dessus de la normale. 15 % des joueurs excessifs ont montré plus de stress et d'anxiété et 25 % plus de dépression que les joueurs plus raisonnables.
- Présentation de la recherche (en français) - sur la page de l'université Victoria
La dépendance à l’Internet modifie la structure du cerveau2
L’imagerie par résonance magnétique a encore été mise à contribution pour rechercher si la dépendance à Internet entraînait une « altération des fibres de la substance blanche reliant les régions du cerveau impliquées dans le traitement émotionnel, l'attention, l’exécution, la prise de décision et le contrôle cognitif. »
- Lire l'article (en anglais)
Jeu pathologique
Trajectoires de consommation d’alcool des joueurs pathologiques avant, pendant et après le traitement pour le jeu1
Les consommations d'alcool de 163 joueurs pathologiques ont été étudiées par des chercheurs américains pendant 36 semaines, soit 12 semaines avant, pendant et après le traitement. Ils ont constaté une baisse de consommation correspondant à l’entrée en traitement et un maintien de cette baisse pendant et après.
- Lire le résumé (en anglais)
Les déterminants et conséquences du jeu pour le bien-être des aînés
Intervention de Robert J. Vallerand, professeur en psychologie sociale du Laboratoire de recherche sur le comportement social de l’université du Québec à Montreal au 39ème colloque de l'Association des intervenants en toxicomanie du Québec en octobre 2011.
1Rash C.J., Weinstock J.P., Nancy M. Drinking patterns of pathological gamblers before, during, and after gambling treatment. Psychology of Addictive Behaviors, Vol 25(4), Dec 2011, 664-674
2Lin F., Zhou Y, Du Y., Qin L., Zhimin Zhao Z., Xu J., Lei H.
Abnormal White Matter Integrity in Adolescents with Internet Addiction Disorder: A Tract-Based Spatial Statistics Study
PLoS ONE 7(1), e30253.
20 février 2012
Actualités des journées et colloques
sur les jeux de hasard et les jeux vidéo
Focus sur... Yaël LIEBKIND répond aux questions du CRJE
Formation Jeu pathologique 1ère approche : 20-22 juin


