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Pourquoi parler de jeu excessif ?

En France, jouer à des jeux de hasard et d’argent, qu’il s’agisse de la loterie nationale, des jeux de grattage, du PMU, ou encore des machines à sous dans les casinos…est une habitude communément partagée. Ainsi, plus de la moitié des adultes français joue au moins une fois par an à l’un ou l’autre de ces jeux.
Heureusement, pour la très grande majorité, la pratique des jeux de hasard et d’argent ne pose aucun problème et demeure source de plaisir. On parle alors de pratique « sociale » ou « récréative ». Le jeu reste un loisir que la personne choisit de s’offrir, parce qu’elle peut se le permettre, à tous les points de vue.
Mais pour certains, la pratique peut devenir « problématique » ou « excessive ». L’excès se manifeste par trop d’argent dépensé et/ou trop de temps passé à jouer, et témoigne d’une perte de contrôle.
Il est essentiel de repérer les sujets dans cette phase, avant qu’ils ne développent une pratique « pathologique » du jeu, marquée par une dépendance et des dommages à long terme.
On estime que 600.000 à 1.800.000 français seraient dans la situation de jeu problématique, voire pathologique.

Comment repérer le jeu excessif ?

Un questionnaire très simple permet de rapidement identifier les problèmes de jeu :

  1. Etes-vous préoccupé de manière constante par des expériences de jeu, passées ou à venir, ou par des moyens d’amasser de l’argent pour jouer ?
  2. Avez-vous besoin de jouer avec des sommes d’argent de plus en plus élevées pour atteindre l’état d’excitation désirée ?
  3. Avez-vous fait des efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter de jouer ?
  4. Etes-vous agité ou irritable lors de tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu ?
  5. Jouez-vous pour échapper aux difficultés de la vie ou à des humeurs indésirables ?
  6. Après avoir perdu, retournez-vous jouer pour essayer de vous refaire (recouvrer vos pertes ) ?
  7. Avez-vous menti à votre famille et à vos relations pour dissimuler l’ampleur réelle de vos habitudes de jeu ?
  8. Avez-vous commis des actes illégaux (fraudes, falsifications, vols, détournements de fonds) pour financer la pratique du jeu ?
  9. Avez-vous mis en danger ou perdu une relation affective importante, un emploi, des possibilités d’études ou de carrière à cause du jeu ?
  10. Vous arrive-t-il de compter sur les autres pour obtenir de l’argent et vous sortir de situations désespérées à cause du jeu ?

Si le joueur répond positivement à deux questions ou plus, il est possible que sa pratique du jeu soit excessive.

Compulsif, excessif, addictif… qu’est-ce que ça veut dire ?

On parle de comportement compulsif lorsqu’il est répétitif et effectué pour réduire une souffrance ou un état de tension intérieure. Il se manifeste par son aspect contraignant.
Lorsque le jeu devient excessif, on retrouve le caractère compulsif de la conduite. La personne perd progressivement sa liberté et se sent petit à petit « obligée » de retourner jouer.
Par ces aspects, le jeu pathologique présente des points communs avec d’autres troubles, liés à l’utilisation de substances psychoactives (alcool, tabac, substances illicites ou certains médicaments) ou à des comportements compulsifs (achats, sexualité, crises de boulimie…). Ces troubles sont regroupés sous le terme commun d’addiction.

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Les intervenants

Le jeu excessif et le jeu pathologique nécessitent le plus souvent une prise en charge spécialisée et associant les intervenants de différents champs, médical, psychologique et social. En effet, le trouble va entraîner une souffrance chez l’individu, mais aussi son entourage. Certaines complications psychologiques (dépression, anxiété, abus d’alcool…) peuvent apparaître, de même que des difficultés sociales, financières, professionnelles, voire judiciaires.
Le médecin traitant est un acteur indispensable de cette prise en charge, et souvent le premier à intervenir et à diriger vers une équipe prodiguant les soins adaptés.

Les méthodes

Les soins reposent avant tout sur l’approche psychologique. Différentes modalités de psychothérapie s’offrent au joueur pathologique, à définir avec le thérapeute. Il est fréquent aussi de lui proposer de participer à un groupe de parole où il peut partager son expérience avec d’autres joueurs et tenter de trouver des solutions.
Les médicaments ont pour l’instant une place très limitée (traitement des complications psychiatriques).
Des mesures « spécifiques » existent, telle que l’interdiction de fréquenter les casinos, interdiction d’accéder aux sites de jeux en ligne, les mesures de curatelle pour mieux gérer son argent…

A qui s’adresser

Votre médecin traitant peut vous indiquer les coordonnées d'une structure de soins proche de chez vous.