La stimulation magnétique transcrânienne répétée (rTMS)
Ce nouveau dispositif médical dont les propriétés thérapeutiques sont prometteuses pour les dépressions, des troubles de l'humeur, des troubles anxieux... a été testé comme moyen de réduire l’intensité du craving dans certaines addicitions.
Une étude va débuter au CHU de Nantes sur une quarantaine de joueurs pathologiques.
Qu’est-ce que c’est ?
La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) est un nouveau dispositif médical apparu il y a une vingtaine d’années. Cet outil, par l’intermédiaire d’une bobine appliquée à la surface de la tête du patient, permet, par la création d’un champ magnétique, d’induire un courant électrique au niveau du cortex cérébral. Ceci entraîne des modifications du fonctionnement des neurones, de la transmission des neurotransmetteurs (tels que la dopamine impliquée dans les addictions), de l’excitabilité corticale. Initialement, la TMS a été utilisée comme un outil diagnostique afin de démontrer l’implication de certaines aires cérébrales dans des processus cognitifs multiples, mais aussi dans certaines pathologies neurologiques et psychiatriques. Cependant, l’effet de la stimulation disparaissait quasi-instantanément.
Secondairement, des effets plus durables ont pu être obtenus par la répétition de ces stimulations, d’où le nom de rTMS (TMS répétées). Ceci a permis de mettre au point des applications thérapeutiques dans des pathologies neurologiques, rééducatives et psychiatriques.
La rTMS est généralement très bien tolérée. Quelques effets secondaires sont rapportés, transitoires et modérés, comme des maux de tête, des bourdonnements d’oreilles, de la fatigue. De très rares cas de crises d’épilepsie ont été décrits. La maladie épileptique et la présence de matériel ferromagnétique dans le corps et les pacemakers sont les principales contre-indications à la rTMS.
Quelles sont les indications reconnues ?
Les propriétés thérapeutiques de la rTMS sont actuellement prometteuses en psychiatrie pour les dépressions et les troubles de l’humeur, certains symptômes de la schizophrénie comme les hallucinations, certains troubles anxieux comme les troubles obessionnels-compulsifs. Par ailleurs, la rTMS est aussi proposée dans la prise en charge des douleurs chroniques, des acouphènes…
Est-elle utile dans le cas du jeu pathologique ?
Le jeu pathologique est une addiction comportementale, qui se caractérise entre autres par une perte de contrôle sur le comportement de jeu, qui continue à être pratiqué en dépit des multiples conséquences négatives perçues par le joueur et son entourage. A ce jour, le traitement de ce trouble repose sur une prise en charge dite « intégrative » et sur le long terme avec pour pierre angulaire la psychothérapie. Un symptôme commun à toutes les addictions est fréquemment présent chez les joueurs pathologiques qui débutent les soins : il s’agit du craving, terme anglo-saxon désignant les envies très fortes de consommer une substance ou de s’adonner à un comportement. Ce craving est un facteur de risque majeur de maintien du trouble addictif, mais aussi de rechute. Il est donc essentiel de le prendre en compte à tout moment de la prise en charge. Pour l’instant, ce symptôme peut être atténué par la psychothérapie. Des médicaments pourraient aussi être des pistes intéressantes, mais ils n’ont pas fait l’objet d’études suffisamment nombreuses pour que l’on puisse conclure à leur efficacité.
Une nouvelle voie de recherche s’ouvre depuis quelques années : la rTMS a en effet été testée comme moyen de réduire l’intensité du craving dans certaines addicitions (cocaïne, alcool, nicotine, boulimie, …). Nous pensons que ce qui est efficace dans les addictions peut être étendu au jeu pathologique.
Inclusion d'une quarantaine de joueurs dans une étude du CHU de Nantes
Nous allons donc débuter prochainement une étude, qui aura pour objectif principal d’évaluer si la rTMS permet de réduire l’intensité du craving, au moins de façon transitoire, chez des joueurs pathologiques débutant des soins. Cette étude a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes.
Il sera nécessaire d’inclure une quarantaine de joueurs pathologiques débutant des soins dans le service d’Addictologie du CHU de Nantes pour parvenir à une conclusion fiable. Une indemnisation des sujets se prêtant à la recherche est prévue.
Si cette recherche vous intéresse, vous pouvez contacter par mail le Dr Marie GRALL-BRONNEC (marie.bronnec@chu-nantes.fr) ou prendre rendez-vous pour débuter des soins dans le service d’Addictologie au 02.40.20.66.40.
15 février 2012
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